Note de l’éditeur
Les statues d’argile de grande taille « La Colère enflammée des serfs » ont été produites en 1975 sous la direction des dirigeants du gouvernement et du comité du Parti Communiste de la Région Autonome du Tibet (RAT), par un petit groupe de sculpteurs de l’Académie centrale des Beaux-arts, envoyé au Tibet, des professeurs d’art de l’Académie des Beaux-arts Lu Xun de Shenyang, également envoyés au Tibet, et des camarades du département des expositions révolutionnaires de la RAT. Ignorant les difficultés, ils ont été confrontés aux zones agricoles et nomades de la vaste et grande région du Tibet, se sont immergés profondément dans la vie active, ont enquêté sur les coutumes des masses populaires et recueilli un grand nombre de matériaux d’étude. En associant le style traditionnel et des sculptures de l’ethnie traditionnelle et leur expertise, ils ont inventé un style contemporain.
L’exposition de statues d’argile de grande taille « La Colère enflammée des serfs » a fait appel à des spécialistes des quatre départements des beaux-arts pour associer sculptures en ronde bosse, bas-reliefs et des décors peints en arrière-plan. Ainsi, une centaine de statues d’argile d’êtres humains, des représentations des six classes d’êtres et des bas-reliefs sur quatre côtés ont été associés à quelques décors de fond. Tout cela donne un aperçu réaliste et vivant de ce qu’était la société de l’ancien Tibet et de son régime féodal de servage. La très grande majorité des serfs était dirigée par les trois grands propriétaires (les officiels du gouvernement, les monastères et l’aristocratie). C’est exploités et opprimés avec une grande cruauté par ceux-là que, de génération en génération, les serfs ont dû endurer les plus grandes souffrances d’une vie de misère. Les scènes représentent leurs conditions pathétiques d’existence et révèlent les crimes de la classe des dirigeants féodaux des serfs, crimes si grands que le ciel ne pourrait les contenir tous. Grâce à leur empathie, (ces scènes) offrent un hymne de louange au courage de la lutte de résistance courageuse et héroïque menée par un million de serfs.
Cette exposition représente de la meilleure façon cette soif d’espoir d’un soulèvement et d’une libération d’un million de serfs à cette époque, et permet avec force de fournir aux masses populaires des ethnies de la RAT une base pédagogique vivante, pour les éduquer au sujet de leur histoire.
[Cette exposition] de grandes statues d’argile intitulée « La Colère enflammée des serfs » illustre de manière vivante et aboutie cette période reculée, grâce à divers moyens artistiques parachevés, et du mieux possible. Elle allie étroitement et profondément les arts traditionnels aux caractéristiques exceptionnelles de la nationalité tibétaine, ainsi que les techniques parfaites de la sculpture contemporaine.
En raison de la valeur incommensurable du plaisir artistique qu’elle procure et de sa dimension de témoignage, les visiteurs de Chine comme de l’étranger, à l’époque, ne tarissaient pas d’éloges et déclaraient à l’unanimité qu’elle pouvait rivaliser avec l’exposition de statues d’argile de grande taille « L’Agence de Perception des Impôts » de Dayi au Sichuan, célèbre à l’échelle nationale.
Cette année est le quarantième anniversaire de la fondation de la RAT : en nous tournant vers le passé puis en nous projetant vers l’avenir, on voit que le Tibet est passé des ténèbres aux lumières, du sous-développement au développement, du despotisme à la démocratie, de la pauvreté à la richesse et de la fermeture absolue à la grande ouverture. Il faut garder ces étapes fermement en tête. On trouve là l’essence de l’enseignement historique et le cœur du présent. Ainsi, suite aux requêtes qui nous ont été faites de réimprimer ce catalogue, les éditions populaires du Tibet offrent à tous cette nouvelle édition.
Avril 2005