
Cette leçon est une attaque directe à la religion, qui, malgré tous les efforts des autorités chinoises, reste fondamentale dans la vie quotidienne de l’écrasante majorité des Tibétains. Les élèves sont effet invités à embrasser la modernité en rejetant des pratiques religieuses traditionnelles. Comme « Petit Tséring », ils doivent comprendre que l’attachement à des pratiques religieuses constitue le principal obstacle à leur réussite scolaire et au progrès en général. Il s’agit donc de mépriser ce genre d’activités, considérées comme rien de plus que des superstitions de vieilles femmes, puisque « les dieux n’existent pas ». Certes, en Chine, « la liberté religieuse est appliquée », cela n’empêche pas que les pratiques sont « ridicules » et les pratiquants, comme Petit Tséring au début de la leçon, sont des « imbéciles ». (NdT)
Leçon 16 : On ne peut pas prendre refuge dans les dieux
Yangdzom, la grand-mère de Petit Tséring1, a foi dans le bouddhisme. Quand Petit Tséring était sur le point de terminer le primaire, Grand-mère Yangdzom l’emmenait en continuellement dans les monastères et s'en remettait aux dieux pour qu’il puisse réussir sereinement l'examen d'entrée dans la classe tibétaine de Chine intérieure, mais elle ne tenait pas compte des objections de petit-fils.
C'est ainsi que, après quelques temps, Petit Tséring a été pris dans les filets du doute, et ses études en ont pâti. Petit Tséring est vraiment un imbécile. Quels fruits peut bien porter la prise de refuge dans les Trois Joyaux2? Finalement il a raté son examen.
Alors que Petit Tséring versait des larmes de tristesse, sa professeur Drolma arriva. Elle lui dit gentiment mais fermement : « Il est absurde de redouter l'échec. Le plus important c'est d’en tirer les leçons ». De plus, Professeur Drolma lui donna deux livres : Les merveilles de la nature et L'Histoire de Zhang Heidi. Pendant les vacances, Petit Tsering lut [avidement] les deux livres, comme un assoiffé qui désire de l'eau. Il comprit alors que, face à l’adversité, pour que les espoirs s'accomplissent, on ne peut compter que sur l'effort.
En effet, les dieux n'existent pas.
L’année dernière, il était élève en troisième année de collège et le moment de passer en classe supérieure arriva de nouveau. Grand-mère Yangdzom avait beaucoup d’affection pour son petit-fils, aussi voulut-elle encore une fois l’emmener dans les monastères. De plus elle a déclaré déclara que, s’il avait raté l’examen d'entrée dans la classe tibétaine de Chine intérieure, c’était parce qu’il n’avait pas assez fréquenté les monastères.
Bien que Petit Tséring sût que sa Grand-mère agissait ainsi pour son bien, il trouvait cela ridicule et il comprit que cela ne lui apporterait que des préjudices et aucun bénéfice. Avec respect, il lui dit : « Grand-mère, dans notre pays la liberté de religion est appliquée, aussi je respecte tes croyances. Cependant, comme c’est ma liberté de ne pas avoir de foi, je te prie, toi aussi, de respecter mon choix. »
Petit Tséring était parvenu à persuader sa Grand-mère, et il consacra toutes ses capacités intellectuelles à l’étude. Grâce à ses excellents résultats, il réussit finalement, comme il l’espérait, l’examen d’entrée au collège de Lhasa.
Exercice :
1) <!--[endif]-->Commente cet énoncé : « Si l’on veut réaliser ses rêves les plus merveilleux, il ne faut compter que sur ses efforts et sa pugnacité.»