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| Le collège de Namling en 1996 | Le collège de Namling en 2008 |
Encore une fois, les sources d'information sur le Tibet en Chine nous fournissent le bâton pour les battre. Puisque tout n'est que mensonge depuis des décennies, il devient difficile de rester cohérent. En particulier, nous aimons beaucoup les "bonnes nouvelles" qu'on nous inflige régulièrement, telles des preuves des bienfaits éclatants et indiscutables de la Chine au Tibet.
Hélas, annoncer une bonne nouvelle à l'aide de chiffres triomphants, c'est en réalité prouver qu'on a menti sur toute la ligne depuis le début, ou bien que la réalité présentée jusqu'alors n'était pas si rose.
Démonstration : le 8 décembre 2008, notre site préféré, China Tibet Information Center, claironne que l'école n°1 de Namling a connu de grands changements en dix ans. Il est toujours risqué de comparer la situation habituelle avec celle d'il y a dix ans. Passe encore qu'on compare avec la société tibétaine pré-1950, surtout en matière d'éducation, mais avec la situation d'une décennie passée... Plutôt que prouver que les choses vont s'améliorant, ce genre de nouvelles montre clairement qu'il y a dix ans, quand on nous racontait déjà que tout allait très bien, la situation n'était pas rose. Maintenant, un peu de calcul (on aurait pu tout aussi bien intituler cette rubrique "Rions un peu", si la situation n'était pas par ailleurs si tragique) :
"En 1996, il y avait 12 classes en pisé et 500 étudiants" contre "52 classes sur 5 étages et 2893 écoliers" actuellement. En 1996, alors que la Chine triomphait sur son action civilisatrice au Tibet, les étudiants devaient suivre leurs cours dans des bâtiments en pisé. Bien.
"Entre 1977 et 2003", 4000 collégiens sont passés par cet établissement : 4000 en 26 ans ? C'est moins de 20 nouveaux collégiens par an, ce qui est confirmé par la phrase suivante expliquant que, pendant cette période, seule une classe par an voyait le jour.
Enfin, le bouquet : "actuellement, il y a 74 enseignants tibétains, 48 enseignants Han, un enseignant Hui [musulman] et un enseignant Buyi". Outre qu'on ignore ce qu'est un enseignant Buyi, on relèvera seulement que, dans cette zone où domine le pastoralisme, donc les Tibétains (de toute façon, officiellement les Tibétains représentent 92% de la population de la RAT - à cette aune-là, dans une zone de pastoralisme, le taux devrait être de 98%), les enseignants tibétains ne représentent que 57% des enseignants. Or, les enseignants Han ne parlent pas le tibétain, sauf exception : est-ce donc à dire que 43% des cours se font en chinois ?
Voilà comment on se laisse prendre bêtement à son propre piège. L'arroseur arrosé, version sino-tibétaine.
Lien vers le site http://eng.tibet.cn/index/sports/200812/t20081211_442541.htm

