Le Tibet historique et sa superficie

 

1. Le Tibet historique et sa superficie :

Le Tibet, dans sa dimension historique, ethnique, linguistique, culturelle et géographique, couvre deux millions et demi de kilomètres carrés. L’ensemble du haut plateau tibétain représente ainsi un quart du territoire de la RPC, soit la superficie du continent européen.

Source :Nouvel Observateur

Le Tibet historique (tib. Lo rgyus dang ldan pa’i Bod yul)

Le Tibet historique, ethnique, linguistique et culturel (7ème-21èmesiècle de notre ère) couvre la même zone géographique, c'est-à-dire l’ensemble du plateau tibétain. Les régions frontalières et les royaumes périphériques à cette civilisation de haute altitude sont situés à 2 200 m. au-dessus du niveau de la mer au minimum. On trouve des villages jusqu’à environ 5 100 m. d’altitude, et des campements nomades jusqu’aux alentours de 5 500 m. Le Tibet forme une zone culturelle cohérente et homogène. Elle s’est formée à partir la première moitié du septième siècle, qui a vu l’unification des premières tribus et principautés.

Les trois provinces du Tibet (tib. Chol kha gsum) : Ü-tsang, Kham et Amdo.

Le Tibet historique se divise en trois provinces principales : Ü-tsang (Tibet central, méridional et occidental, tib. Dbus gtsang, mNga' ris et Lho kha); Kham (sud-est du Tibet, tib. Mdo stod), et Amdo (nord-est du Tibet, tib. Mdo smad). Ces trois provinces divisent la totalité du haut-plateau. Leurs limites géographiques les mettent en contact avec diverses populations voisines, vivant à des altitudes plus basses, sur le pourtour du plateau. La distance, entre le principal centre économique et culturel en Amdo, au Tibet du nord-est, et Lhasa, dans la région du centre-sud, correspond à celle entre Londres et Athènes. Les caravanes de yaks mettaient autrefois deux à trois mois pour effectuer ce voyage. De même, le voyage de Lhasa jusqu’au Kailash, montagne sacrée située à l’extrême ouest du haut-plateau, durait également deux mois. Aujourd’hui, en empruntant les nouvelles routes construites par les Chinois, un tel voyage dure quelques jours, et, par le train, le trajet de Xining, à la périphérie Nord-Est de l’Amdo, jusqu’à Lhasa, dure 28 heures.

Le Tibet contemporain, sous l’administration de la RPC

La Région Autonome du Tibet (RAT, tib. Bod rang skyong ljongs, chin. Xizang zizhiqu) n’est pas le Tibet. Elle correspond à moins de la moitié du territoire du Tibet historique et couvre 1,2 million de kilomètres carrés, soit un huitième du territoire de la RPC. Ce sont ses frontières qui apparaissent sur les cartes administratives actuelles. A l’est et au nord-est de la RAT, dix Préfectures Autonomes Tibétaines (PAT) et deux Districts Autonomes Tibétains (DAT). Au total, l’ensemble des zones d’autonomie tibétaine couvrent une superficie totale correspond à plus de deux fois le territoire de la RAT. Ce plateau s’étend sur 1650 km du Nord au Sud, de Hwari (tib. dPal ri ; ch. Tianzhu), au nord du lac Kokonor, jusqu’à la frontière bhoutanaise, et sur 2200 km d’est en ouest (de l’Aksai Chin à Chone) (VOIR CARTE XX).

Le territoire tibétain en RPC : cinq unités administratives

Les régions du Ü-tsang, du Kham et de l’Amdo ont été morcelées par la RPC en cinq zones : la RAT, et des portions de quatre provinces chinoises, dont les frontières ont considérablement changé sur les cartes publiées au cours des deux derniers siècles. Aujourd’hui, dans toutes les régions tibétaines, on trouve des territoires agricoles et pastoraux, des villages traditionnels et des villes, des centres urbains modernes et des campements nomades, aussi bien que des complexes monastiques, des temples, des ermitages et des habitations troglodytes.

1) Région autonome du Tibet (RAT, tib. Bod rang skyong ljongs, ch. Xizang zizhiqu, superficie 1 130 000 km2)

La RAT, dont la capitale est la ville de Lhasa, comprend :

- Le Tibet central (tib. dBus gtsang, ch. Weisezang)

- Le Tibet méridional (tib. Lho kha, ch. Shannan)

- Le Tibet occidental (tib. mNga' ris, ch. Ari)

- Une partie du Kham (tib. Khams, cn. Xikang)

2) Qinghai : La majeure partie de cette province, dont le nom vient du lac Kokonor (tib. mTsho sngon; ch. Qinghai; Mong. Kokonor), est constituée de la plus grande partie de l’Amdo, la province du nord-est du Tibet historique

3) Sichuan : Une grande part du Sichuan occidental actuel (tib. rNga ba, dKar mdzes, chin. Aba, Kandze) appartient historiquement à la région de l’Amdo pour une partie et à celle du Kham pour le reste.

4) Gansu : La région méridionale du Gansu (tib. Gan lho, ch. Gannan), appartient historiquement à l’Amdo. On y trouve le célèbre monastère de Labrang (tib. Bla brang, ch. La bu leng si).

5) Yunnan : La zone septentrionale du Yunnan actuel (tib. Mu li, Bde chen, ch. Deqin) appartient historiquement à la région du Kham.

RAT, PAT et DAT

Dès les années 1950, la RPC a reconnu l’unité de l’ensemble de la zone de culture tibétains, en créant trois unités administratives de niveaux différents :

- RAT : Région autonome du Tibet, Tib. Bod rang skyong ljongs, ch. Xizang zizhiqu (1 unité administrative).

- PAT : Préfecture autonome tibétaine, Tib: Bod rang skyong khul ch. Zangzu zizhixian (11 unités administratives).

- DAT : District Autonome tibétain, Tib. Bod rang skyong XX, ch. Zangzu zizhixian (2 unités administratives).

Selon cette nouvelle organisation administrative, les territoires du nord-est et de l’est du Tibet, qui ne font pas partie de la RAT (c’est-à-dire des parties importantes du Khams et de l’Amdo) sont divisés en onze PAT et vingt DAT (voir carte XX)